Jeux en ligne : qui trop embrasse mal étreint !
Mardi 13 septembre 2011L’excès est toujours nocif en bon ou en mauvais. C’est aussi valable aussi dans les réglementations, trop de règlementations risquent d’asphyxier les secteurs prévus à être réglementés. Et ce qui pourrait arriver aux jeux en ligne en France tellement la liste des réglementations préconisées est longue.
Plus d’une centaine de recommandations
Le rapport Lamour/Filipetti contenait 21 propositions. De son côté, l’Arjel vient de transmettre au gouvernement au moins 65 recommandations dans le but d’apporter des modifications sur les réglementations des jeux en ligne. Le Sénateur Trucy va certainement encore en rajouter ce qui fera probablement une centaine de suggestions pour la seule réglementation des jeux en ligne. Et ce, sans parler également du Livre Blanc de l’AFJEL (Association Française des Jeux en Ligne) qui a aussi ses mots et ses maux à dire.
Bref, trop de réglementations ne vont-elles pas tuer la réglementation et étouffer les jeux en ligne ?
Pourquoi pas une libre concurrence ?
Selon certains analystes du secteur des jeux en ligne et des jeux de casinos en ligne en particulier, le consensus établi en 2010 n’était le fruit ni de recherche, ni d’expertise, mais est issu d’arbitrages plutôt orientés vers des intérêts politiques. La notion « d’ouverture maitrisée » annoncée fièrement par les législateurs de l’époque, tout compte fait, s’apparente à une « fermeture maitrisée ». Le volet le plus flagrant est la fiscalité qui reste la principale difficulté de la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation sur les jeux en ligne, outre les nombreuses contraintes techniques et matérielles qu’elle exige au niveau des opérateurs. Le TRJ (Taux de Retour aux Joueurs) est également montré du doigt dans la mesure où il ne serait pas complètement insensé de laisser ce taux à la totale libre concurrence, ne serait qu’à titre d’expérimentation. Les avantages seraient multiples, car le développement des sites de jeux et de casinos en ligne peut en bénéficier et les sites de jeux en ligne agrémentés peuvent concurrencer les sites illégaux.
Impliquer tout le monde
Ces mêmes analystes posent aujourd’hui quelques questions à quelques mois de la revoyure.
- Lorsque l’on parle de jeu de hasard et d’argent, peut-on vraiment y associer la notion de jeu responsable ? N’y a-t-il pas un paradoxe quelque part lorsque l’État prône une lutte contre le jeu excessif alors que la FDJ ne cesse de créer des jeux vantés « très avantageux » pour les joueurs ?
- Le temps n’est-il pas venu pour les pouvoirs publics d’adopter maintenant des analyses vraiment objectives afin d’établir une réglementation issue de faits objectifs ?
- Les résultats mitigés de l’ouverture des jeux en ligne à la concurrence ne montrent-ils l’incompétence de l’État à gérer le secteur des jeux en ligne ? Ne serait-il pas plus efficace, dans une économie de marché, de confier la régulation du marché des jeux à un autre organe ? Aussi, ne serait-il pas temps, plus que jamais, de redéfinir les rôles et les missions de chaque acteur des jeux en ligne en tenant compte de leur compétence respective ?
Bref, ne vaudrait-il pas mieux retourner autour de la table pour rediscuter de la gestion du secteur de jeux en ligne, mais cette fois en appelant tous ceux qui n’étaiten pas présent la dernière fois ?

